C'est parti pour trois jours de débats sans tabou
Les assises nationales sur les réformes politiques ont pris leur envol le 7 décembre 2011 au Palais des Sports deOuaga 2000 pour une durée de trois jours. Le Premier ministre, Beyon Luc Adolphe Tiao, qui a présidé l’ouverture des travaux, a demandé aux 1500 participants de mener des réflexions sans tabou ni a priori afin de parvenir à des conclusions qui ouvrent les voies les meilleures pour lutter contre la mal gouvernance, les instincts de destruction et la misère.
Les assises nationales sur les réformes politiques qui ont mobilisé des Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur des différentes couches socioprofessionnelles, ont pour principale mission de consolider les propositions de réformes issues des travaux du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) et des rencontres régionales. Cela en vue de renforcer la paix, la démocratie et une citoyenneté responsable, favorables au développement du Burkina. Comme objectifs spécifiques, elles visent à examiner et à adopter les propositions de réformes issues des travaux du CCRP et des régionales pour le renforcement du dialogue social et politique, de l’équilibre des pouvoirs, de l’amélioration de la gouvernance et des politiques sectorielles. Elles visent également à adopter les modalités de mise en œuvre des propositions de réformes objet de consensus ; à approfondir les réflexions sur les questions non consensuelles et à déterminer les modalités de suivi de la mise en œuvre des conclusions des assises nationales, a confié le ministre chargé des Relations avec le Parlement et des Réformes politiques, le Dr Bongnessan Arsène Yé. Il a rappelé les 4 objectifs poursuivis par les réformes politiques envisagées notamment l’élargissement des bases du dialogue démocratique par la création de nouveaux espaces d’expression ; le renforcement de l’équilibre des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; la relecture des textes et l’examen du fonctionnement des institutions régissant les consultations électorales afin de garantir des élections libres, transparentes et équitables. Il s’est dit convaincu que les échanges aboutiront à des conclusions susceptibles d’induire le renforcement du dialogue social et politique, à l’amélioration de la gouvernance et ce, au regard de la qualité des participants à ces assises.
Transcender les clivages
Dans son adresse, le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a signifié aux participants qu’ils doivent être animés par des sentiments en particulier ceux d’être habités par une même volonté à déterminer avec diligence la forme de dialogue qui les rassemble lorsqu’il s’agit de l’avenir politique, économique et social du Burkina, d’être ensemble capables de transcender les clivages et divergences pour s’accorder sur ce qui apparaît fondamentalement essentiel, etc. Selon le chef du gouvernement, les récents événements dans le monde et sur le continent africain montrent combien les peuples sont attachés à la liberté, à la justice et à la démocratie. « Au Burkina, le meilleur enseignement que nous avons tiré de la crise sociale qui a ébranlé les fondamentaux de notre société, est qu’il faut opérer des améliorations notables dans notre système de gouvernance politique et judiciaire, administrative et économique. Toute chose qui vient conforter la décision prise par le président du Faso d’initier cette importante réflexion sur les réformes politiques, indispensables à l’édification d’un Burkina émergent », a-t-il soutenu. Il a relevé que des pas importants ont été franchis et ceux qui restent à franchir sont aussi décisifs pour parachever cette œuvre courageuse et historique.
Des débats francs
Aussi, a-t-il exhorté les participants à des débats francs débarrassés de toute passion car la franchise, la tolérance, le respect de la différence et le consensus, ont constitué le credo qui a toujours caractérisé les échanges tout au long du processus. Et de leur signifier qu’à cette étape de celui-ci, les opinions nationales et internationales ont les yeux rivés sur leurs travaux d’où l’intérêt d’apporter leur solide contribution à l’écriture de l’histoire politique du pays. Le Premier ministre a rassuré les participants que les recommandations qui sortiront des échanges seront immédiatement mises en œuvre pour ce qui est consensuel et les voies indiquées pour approfondir les éléments non consensuels seront également empruntées sans tergiversations. Il leur a aussi fait savoir que leur responsabilité est grande dans l’atteinte des résultats qui traduiront les aspirations profondes des citoyens burkinabè. "Il vous appartient, par vos décisions pertinentes et clairvoyantes d’engager l’avenir de notre pays et de notre peuple dans la paix et la réconciliation des cœurs", a-t-il renchéri, avant de conclure que les participants ont la lourde tâche de décider du destin du peuple épris de paix, de justice, de la bonne gouvernance et du développement durable.
Dabadi ZOUMBARA
Légende :
1-Les officiels exécutant le ditanyè avant l’ouverture des travaux ((Ph. A. Ouédraogo)
2 Les Burkinabè de l’intérieur... et
3-… ceux de l’extérieur au premier plan, sont invités à mener les débats sans tabou ni a priori (Ph. A. Ouédraogo)
4- Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, veut des débats dépassionnés (Ph. A. Ouédraogo)
5- Selon le ministre, Bongnessan Arsène Yé, les travaux se dérouleront sous forme d’échanges directs en séances plénières (Ph. A. Ouédraogo)
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